Histoire

Kernouës provient du démembrement, après le Xème siècle, de la paroisse primitive de Plouevelleo, devenue depuis Guicquelleau, village du Folgoët.

Le bourg serait né aux abords immédiats d’une fortification médiévale, au sud-est, par le village de Castelmeur, dont le nom signifie le grand château.

Pendant la Révolution, la commune fait partie du canton de Guicquelleau, avant d’être rattachée à Lesneven.

On rencontre les appellations suivantes : Kernouhez (en 1428), Kernohez (en 1467), Kernouez en 1516


Ils ont marqué l’histoire de Kernouës

Louis Page 1871-1952

« Le Rossignol du Léon »

Louis PAGE est né à KERNOUËS le 26 février 1871. C’était un barde breton, un poète, un chanteur et un tailleur de pierres.

C’est à 15 ans qu’il compose sa première chanson bretonne « Francine Inisan », une complainte très poétique et c’est dans l’Infanterie de Marine à Brest, ou il fait son service militaire, qu’il développe son goût pour le chant.

Louis Page envisage de devenir prêtre, va dans un monastère près de Poitiers mais une série de décès l’oblige à reprendre la ferme familiale et la fonction de chantre-sacristain pour la paroisse de Kernouës.

Louis Page est quelqu’un de solidaire envers son prochain et de profondément croyant mais aussi un sportif avec une force peu commune. Il parcourt de grandes distances à pied notamment pour les pèlerinages. Il consacre son temps au service de l’église, de sa famille et de la communauté du village.

Amoureux de l’Arvor et de l’Argoad, il compose « An daou varz » vers 1900 et obtient un premier prix de poésie bretonne à Rennes. Fréquentant le patronage de Lesneven, où il a de solides amitiés, il compose « Paotred Lesneven », « Yann ar Roudouz-hir » …

Il se marie en 1904 avec Marie GUILLERM de Guisseny et ils auront six enfants.

Il monte une équipe de faucheurs qui se déplaçaient de ferme en ferme à l’époque des foins et c’est à Kergoff qu’il aurait composé « Ar Falc’herien ».

Pour faire plaisir au vieux forgeron local, il compose « Fanch koz ». Affecté par la guerre 14, il célèbre le printemps dans « Bokedig tro ‘n heol ».

De nombreuses personnalités, défenseurs de la culture bretonne, comme le Docteur Laurent, Visant Seïté et l’ethnologue Jean Michel Guilcher lui rendent visite.

Le 2 décembre 1952, Louis PAGE s’éteint paisiblement à Kernouës. Il dit à sa fille qui le soigne : « mourir ce n’est pas triste ma fille ; mourir, pour un chrétien, c’est retourner à la maison ».


Vincent Inizan
1869-1951

Maire de Kernouës de 1902 à 1942

Vincent INIZAN est né à Kernouës le 18 avril 1869.

Il fut maire de Kernouës pendant 40 ans (1902-1942) et député pendant 23 ans (1919-1942).

Né en plein cœur du pays Léon, Vincent Inizan choisit de consacrer sa vie à son terroir en devenant paysan.

Il se marie en 1895 avec Joséphine Fagon de Milizac et ils auront un enfant.

Devenu maire de Kernouës il crée, avec le sénateur Louis Pichon, le Stud-book du cheval de trait breton. Élu député en 1919, il est réélu pour cinq législatures. Le président du conseil général, dit de lui : « il est tellement estimé dans sa circonscription, qu’il n’a pour ainsi dire jamais d’adversaires. Il est à la chambre le légendaire député sans concurrent. »

Cette fidélité du corps électoral s’explique par ses qualités humaines et son action. Vice-président de la commission des douanes, membre de la commission de la marine marchande et de la commission de la marine militaire, rapporteur des questions agricoles, il défend l’économie bretonne.

Alors que les organisations agricoles sont encore à l’état embryonnaire, Il comprend que l’élevage est l’une des principales activités rurales. Sous son impulsion, l’élevage prend dans la circonscription une place de premier plan. Vice-président du groupe de la défense paysanne et des députés cultivateurs, il s’associe à toutes les initiatives des défenseurs du monde paysan.

Vincent Inizan fait infléchir la politique douanière dans le sens de la protection des productions locales : blé, pomme de terre, iode et porc. Il fait aboutir des réformes créant plus d’équité. Artisan d’une révision de la législation des baux ruraux en faveur des fermiers, il s’efforce de développer les formes mutuelles du crédit et de la coopération agricoles.

Membre de la commission supérieure du crédit maritime, il est le porte-parole des professionnels de l’économie côtière, des marins-pêcheurs aux ramasseurs de goémon.

Aux élections législatives de 1936, il paraphe le programme du Front Breton, issu des milieux régionalistes bretons, ou il s’engage à soutenir des textes de lois garantissant l’enseignement de la langue bretonne à l’école, mais aussi la protection des intérêts économiques régionaux.

Au terme de sa longue carrière de maire et de député, fidèle à sa terre et sa commune,

Vincent Inizan revient à Kernouës ou il s’éteint le 12 décembre 1951 à l’âge de 82 ans.